Dis-moi dix mots

Mis à jour le jeudi 4 avril 2013 15:01
Écrit par émilie nguyen

langues et cultures de l'Antiquité

concours des dix mots 2013 

Les élèves de Seconde, inspirés par les Muses Calliope et Érato, vous présentent dix récits mythiques

  Dix mots voyagent dans le temps

 


Atelier

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La naissance de Πετρος,

La création de l'Atelier.

     Vivait en Grèce, aux alentours d'Athènes, une jeune princesse, dans un palais somptueux, où coulait à flots le vin. Cyra, aux mains agiles, vivait dans ce luxe et on racontait dans tous les coins de la Grèce sa beauté légendaire. Elle n'était pas grande et avait un visage fin, entouré par de fines bouclettes blondes qui lui glissaient dans tout le dos. Un soir de fête, où on avait bu et mangé, Cyra alla s'étendre dans sa chambre, profitant d'un léger zéphyr qui lui rapportait de la fraîcheur. Les bruits du festin cessèrent rapidement et la princesse ne tarda pas à se coucher. Cependant, Zeus, lové sur un nuage, quitta les cieux, poussé par sa curiosité récurrente et vint se poser sur le balcon de Cyra, qui dès le lendemain portait en elle un enfant qui était voué à une vie héroïque, à des combats grandioses. Cyra passa toute la journée à caresser son ventre doucement, en repensant à sa nuit passée aux bras du Dieu ouranien qui s'était changé en un guerrier fort agréable. Poussée par une jalousie habituelle, Héra, elle-aussi perchée sur l'Olympe atterrit dans la chambre de la jeune princesse aux mains agiles. Fatiguée par les multiples adultères de son mari, la déesse décida de verser au fond du verre de Cyra un poison aigu, destiné à détruire l'enfant que la princesse accueillait en elle. Héra quitta la demeure de la princesse, comme elle l'avait rejointe. Elle laissa le verre de cristal bien en évidence pour que la princesse n'hésitât pas à le boire. Le soir, après un énième banquet, Cyra rentra, à son habitude, dans sa chambre et, désaltérée, elle avala d'une gorgée le contenu du verre ; l'enfant n'était déjà plus.
Dès le lendemain, la princesse se plaignit auprès de sa servante car déjà elle ressentait des maux de ventre.
« Domna, Domna, très chère Domna, cria-t-elle dans tous le palais.
- Oui, maîtresse ? répondit Domna, paniquée.
- Je pense avoir perdu l'enfant, ma très chère Domna...
- Perdu l'enfant ? Mais pourrait bien en être la cause ? demanda-t-elle.
- J'ai peur d'avoir eu affaire à la vengeance d'une femme rongée par la jalousie, lança-t-elle alors que son regard se posait sur le ciel qui devenait noir. »
     En haut de l'Olympe, perchée sur son nuage, Héra se riait bien de cette jeune prétentieuse. Domna expliqua alors à la princesse qu'il fallait qu'elle se dépêchât de consulter l'Oracle, à Delphes, car il lui prodiguerait quelques soins et lui serait d'un usage fort précieux ; la princesse quitta le palais pour Delphes dans la nuit. Elle fut accueillie quelques jours plus tard avec tous les honneurs qu'on aurait pu donner à une reine et consulta l'Oracle dans la journée. Il lui apprit qu'elle devait se reposer et il ajouta que si, curieuse, elle voulait continuer dans la quête de la maternité, son enfant naîtrait non point d'une union traditionnelle mais devrait être conçue avec de la terre, car seule une parcelle de corps de la déesse-mère Gaïa pouvait lui donner les joies d'être enfin mère et qu'elle serait la fondatrice du lieu où l'on crée tous les objets avec son cœur, ce que l'Oracle appela « Atelier ».
L'Oracle rajouta qu'elle recevrait même l'aide du Dieu boiteux, porteur de la flamme de la vie.
     Cyra quitta donc Delphes. Elle profita d'un moment de pause pour rejoindre un bois où elle s'assit et s'assoupit. Quand elle se réveilla un homme, aux apparences négligées, était debout devant elle.
« Je suis celui qui doit t'aider ; ne t'inquiète pas pour Héra, ma mère, elle ne te fera rien.
- Qui êtes-vous ?
- D'après l'Oracle « le porteur de la flamme de la vie » ; ou encore, Héphaïstos, le dieu des forges ».
Cyra et le Dieu discutèrent et il lui expliqua à quel point il pouvait se montrer compétent. Ils avaient réussi à raser quelques arbustes et réunir un tas de bois au centre que le Dieu allait assembler dans la nuit. Le tout avait été bien nettoyé pour aboutir à une surface plane et propre, capable d'accueillir ce qui deviendrait l'Atelier et qui serait créé par la princesse aux mains agiles. Le lendemain, ils finirent les constructions et un cabanon prit rapidement forme. Le Dieu alla donc ramasser un bout de terre qu'il offrit à Cyra en lui garantissant qu'il portait la flamme de la vie. Elle passa deux jours et deux nuits à façonner son enfant, changeant les formes de ses yeux, sa bouche et quand elle eût terminé elle laissa reposer la terre dans l'Atelier ; le lendemain, la terre avait pris vie, ses traits s'étaient affirmés et elle décida d'appeler son enfant Petros, le talentueux, qui était promis à un avenir manuel, recréant autour de la Grèce d'autres Ateliers. L'Atelier était né.
     Cyra, venait de donner naissance à l'Atelier et ne se doutait pas qu'au fil des âges son usage se perfectionnerait mais gardant toujours sa définition initiale :
« Lieu où sont fabriquées les choses qui nous tiennent à cœur ».


Bouquet

Le Bouquet d'Anchise

Oh Clio, inspire-moi ta connaissance que je puisse conter l'histoire du brave Anchise le séducteur amoureux.

Un jour Aphrodite, alors qu'elle était libérée de ses vœux avec l'Ambidextre Héphaïstos, mit son amour en jeu. De multiples prétendants accoururent pour se lier à la Déesse Cythérée la magnifique. Tous se munirent d'innombrables cadeaux. Certains apportèrent des chevaux, d'autres des parfums et des épices venant de toutes les contrées : de l'orient jusqu'à l'occident. Ils se parèrent de joyaux et de somptueuses étoffes de telle sorte qu'ils apparaissaient comme des immortels.
Seul Anchise paraissait simple et humble. Elle leur imposa cette loi : « Je ne dois appartenir qu'à un homme humble, digne et riche d'esprit. C'est ainsi que celui qui me fera le plus beau présent recevra ma main. ». Chaque prétendant arriva avec les bras chargés de toutes sortes de cadeaux. La belle Aphrodite refusa un à un tous les présents. Mais l'un d'eux se présenta muni d'un humble bouquet de fleurs, ce fut Anchise cet ingénieux et vertueux homme de Troie. Il avait été inspiré par la beauté d'Aphrodite et en apercevant un bosquet, il pensa à un cadeau original et sublime.

Aphrodite fut surprise par ce présent et demanda des explications à Anchise. Il répondit en ces termes : « En voyant ce massif de fleurs, cela m'a inspiré un présent pour vous; ce bouquet est plus beau que tous les joyaux de la terre, elles valent mille fois des armes, des étoffes superbes et lointaines. Ce bouquet est comme vous : beau et unique. » La sublime Cythérée fut comblée par ce discours magnifiquement mené. Elle accepta le bouquet et ce fut Anchise le vainqueur bien heureux du concours.

Enée, le fondateur de la dynastie de Rome, fut le fruit de cette union consommée entre la Déesse et Anchise.


Cachet

Cachet

La fameuse histoire du cachet.

A l’aube d’un nouveau jour, les Dieux de l’Olympe, créateurs de l’Univers et des sentiments, des êtres humains si sensibles et des animaux, se réunirent et par l’intermédiaire d’Athéna, la guerrière, connue pour sa sagesse et son intelligence, décidèrent d’améliorer la vie des êtres humains.

En effet ceux-ci souffraient et mouraient à cause des différentes maladies qui, d’ailleurs, touchèrent l’un des fils de Zeus. Même si celui-ci est à l’origine de la boîte de Pandore qui a fait déferler les maladies sur Terre. C’est pour cela que les Dieux essaient de réparer leurs erreurs en combattant la maladie par la science d’Asclépios, dieu de la médecine.

Alors Zeus, le dieu Tout-Puissant de l’Olympe et chef des autres divinités écrivit une lettre, refermée d’un cachet à son effigie, qui recommandait l’aide d’Asclépios. Et il envoya donc Hermès, le rapide messager, afin de l’avertir

Après de nombreuses nuits de labeur, Asclépios inventa un médicament pour soigner les maux des Hommes et qu’il nomma : « le Cachet ». Lorsqu’il l’essaya sur un mourant, celui-ci était d’une pâleur telle que celle de la neige éternelle au sommet des montagnes. Et il vit que son invention était de cette même couleur en le faisant rayonner au soleil. De cet évènement est né l’expression « Blanc comme un cachet ».

Le mourant prit cette solution et survécut. Il était le fils de Zeus, le puissant. Ce miraculeux fut apprécié de tous et on lui offrit de nombreux présents en son honneur.

Grâce à sa richesse, il se para de merveilleuses toges et le peuple inventa l’expression « avoir du cachet » en l’honneur du grand dieu Asclépios, leur sauveur.

Mais pour que les humains puissent être autonomes, Asclépios, le médecin divin, leur fit une réserve de médicaments et leur transmit cette partie de son savoir.

Ainsi les Hommes savaient se soigner sans l’aide d’un miracle généré par les dieux.


Coup de foudre

Le mythe du coup de foudre

Ô Muse, conte-nous l'histoire de deux êtres qui n'auraient jamais dû se rencontrer, mais un jour, leur destin bascula.

C'était il y a bien longtemps, Alix l'attrayante, fille de Hystos le Brave et de Climnée l'Athénienne, surpassait toutes les femmes de l'Attique par sa grâce et sa beauté. La jeune femme rependait la joie autour d'elle par sa grande générosité et sa bonté de coeur.

EROSEROSMais ces qualités lui attirèrent les foudres d'Héra, femme du dieu suprême car Alix fort aimable, était convoitée parmi les Immortels.

À quelques lieux d'Athènes vivait Spartacus le Magnifique, le plus vaillant des hommes, ce qui faisait de lui le favori d'Aphrodite.

Un beau jour, il s'en alla chasser la biche. Alix quant à elle, partit cueillir des figues dorées et des olives couleur d'émeraude. Au même moment, dans les cieux, Héra, jalouse de la gracieuse Alix, volait la foudre de Zeus, projetant une prompte vengeance.

Pendant ce temps, Spartacus au glaive tranchant, arriva sur les lieux de sa chasse. Il aperçut la belle Alix qui ramassait des fruits sur le sol avec tant de légèreté et de grâce qu'on eut dit une immortelle. Héra dans les nues, assistant à la scène, redoubla de colère et se décida à lancer la foudre sur la chaste Alix. Mais Spartacus apercevant le trait de feu, se jeta en direction de la jeune fille et, protégé par Cythérée, intercepta la foudre de son corps athlétique.

Sous l'impact du coup de foudre, le héros s'écroula et perdit connaissance, mais Aphrodite, bienveillante, lui permit de rester dans le monde des Vivants. Alix, choquée, ne savait que faire. Elle s'approcha et considérant le beau jeune homme, que la fille de Zeus faisait paraître plus grand et plus fort, tomba sous son charme. Spartacus a son réveil, fut lui aussi conquit par la grâce d'Alix.

Le coup de foudre d'Héra s'était transformé en coup de foudre entre les deux mortels.


Équipe

 

Vague à l'âme

bateauLes nobles hommes voguaient au gré des souffles du puissant maître des vents, Éole, tanguaient sur les vagues et s'abîmaient ainsi sur les flots impétueux depuis longtemps déjà. Ce vaillant équipage poursuivait ainsi sa route sur le large dos bleu de Poséidon malgré un retour toujours attendu. Ils ramaient ensemble, comme un seul et même homme, du lever de l'Aurore aux doigts de rose jusqu'à la tombée de la nuit. Mais l'ardeur de leurs premiers jours refluait de leurs membres désormais las et fatigués. Ainsi, chacun des nobles guerriers de cette équipe maritime, pourtant déjà avares en parole se taisaient maintenant complètement, comme si la Parque eut déjà tissé leur mort à tous. Et cet équipage d'ores et déjà différents de par leurs origines et leurs mœurs, vint à définitivement éclater lorsqu'à l'oreille d'un des Spartiates, les vents d’Éole vinrent à murmurer l'intention des impérieux Athéniens, leurs compagnons dans ce voyage. Ils auraient, lui souffla le Zéphyr, l'intention de subtiliser l'argent de la ligue défensive qui les unissaient. Suite à cette révélation, une querelle sans précédent secoua alors l'embarquement, plus vite même que le courant qui les portaient à destination. Timothéo, fils de Léonidas, engagé par son noble père pour l'interminable aventure, lui qui avait dû laisser au pays, femme et enfant, s'offusqua ainsi, outré, auprès de ses compagnons:

« - Maudits Athéniens! Scélérats! Voilà déjà plusieurs semaines que nous peinons sur l'immense plaine marine sans courant bienheureux pour honorer notre ligue et vous, vous voudriez nous dépouiller! Mécréant ! Votre conduite m'indigne! Jamais traîtres pareils ne s'étaient présentés à mes yeux! Ainsi, votre déesse, cette Athéna aux yeux pers, vous aurait-elle perverti à ce point? A présent, quand bien même aucun acte n'eut été encore commis, justifiez vos pensées traîtresses et que les Dieux tout puissants Castor et Pollux nous en soient témoins!

Se voyant accuser de la sorte, Théophile, membre de l'équipe Athénienne, réagit aussitôt. Lui, ce fervent admirateur du grand Périclès, lui répondit avec un aplomb digne d'Apollon:

Ce sont vos propres pensées qui sont indignes! Cet or, nous le méritons. Il nous revient de droit! Alors oui, que les Dieux tout puissants de l'Olympe m'en soient témoins, tout comme ils furent témoins, jadis, de la création de la ligue de Délos dont l'initiative provient de nous. C'est nous, et nous seuls, les Athéniens qui l'avons dirigée! Et si, aujourd’hui notre belle civilisation Hellénique est si prospère, voyez à qui revient le mérite. »

A ces mots, les deux équipes s'arment, prêt à un combat imminent. Et chacun étant persuadé au plus profond de soi que l'honneur de leur cité est en jeu voit leur sang s'enflammer du feu guerrier de Mars lui-même. Ainsi, lorsque le premier Spartiate, profondément courroucé tua le premier Athénien, le conflit éclata au sein de l'équipage.

Spartiates et Athéniens qui autrefois ne formaient qu'une seule et même équipe contre les invasions Perses devinrent ici, frères ennemis.


Protéger

Le mythe de « Protégée »

     Au commencement, il n'y avait pas de malheur sur Terre. Un jour, le roi Veteres le Bien-Aimé maria sa fille à un homme peu honnête qui bouleversa l'histoire du monde connu. Une fois que le roi Veteres fut enterré, Caedes l'Absolu prit le pouvoir et abusa de sa fonction. Il pouvait lancer des rafales de vent très violentes ainsi que soulever de gigantesques vagues pouvant atteindre jusqu'à trente mètres de hauteur. Mais celui-ci oublia vite son principal rôle qui était de gouverner son peuple.
    Un jour, dans un moment de folie, il s'amusa à engager une terrible tempête qui ôta la vie à une cité toute entière située à quelques jours de son royaume. Lorsque sa femme, Protégée la Douce, apprit ce drame, elle entra dans une colère immense et s'adressa à l'âme défunte de son père afin de lui demander de l'aide. Celui-ci lui répondit :
« Ma chère fille, le destin de l'humanité est entre tes mains, c'est à toi de trouver la solution pour sauver ton peuple ! ».
A ces mots, une lumière éblouissante et aveuglante entoura celle-ci, ses pieds se décolèrent du sol et elle se retrouva haute dans l'immensité du ciel. Elle sentit un vent chaud lui caresser le visage et une révélation lui apparut : elle avait trouvé la clef pour sauver les victimes. En effet, la reine fit appel à la déesse toute puissante pour qu'elle remette la cité en ordre, qu'elle guérisse les blessés et condamne durement son mari. Celle-ci accorda sa supplication mais demanda en ces termes une contrepartie pour que son vœu se réalise :
« Ton peuple est vaillant mais si tu souhaites le sauver et être bienveillante, tu devras te sacrifier ! ».
La reine n'hésita point et annonça, en pensant à ses proches :
« Très bien, en mon âme et conscience, j'accepte cette sentence mais je réclame le bonheur des miens... ».
    Ainsi, elle s'éteignit avec grâce et le peuple fut très reconnaissant de ce magnifique geste, de ce don de la vie et organisa chaque année depuis ce jour une fête pour honorer sa sépulture et garder dans les mémoires cette admirable reine, Protégée désormais « La Bienveillante ». Le mot « Protegere, action de défendre, de sauver, était né... Il donnerait plus tard dans une civilisation éloigné le mot « Protéger ».image proteger


Savoir-faire

L'origine du monde : le savoir-faire

Héphaïstos l'ambidextre boiteux, un dieu forgeron du mont Olympe, était en proie à des angoisses dues à son égoïsme divin. Pour y remédier, il décida de partager son savoir-faire avec le monde terrestre. Cependant, il réalisa que cet espace était vide, dénué de toute vie à part des Cyclopes ignorants de tout savoir. Image savoir faireAlors, il alla à la rencontre de son frère, Hermès le messager ailé, pour obtenir des informations afin de créer une nouvelle espèce, l'être humain. Grâce à des éléments simples, comme de la glaise et des roches, les deux frères réussirent à engendrer la race parfaite. Parfaite, du moins en apparence car ces êtres belliqueux étaient dénués de toute intelligence propre. Un art nouveau fut créé pour les aider à sortir de leur statut d'animaux : le savoir-faire.
Certains dieux se questionnaient quant à l'utilité de cette invention, qu'ils pensaient inutile. Les deux frères, Héphaïstos et Hermès, durent alors expliquer par une démonstration le bien-fondé de celle-ci. Ils placèrent les humains dans un environnement hostile tel que le Péloponnèse, terre inhospitalière qui abritait des monstres. Tout récemment instruits, les jeunes hommes s'organisèrent en tribus et commencèrent à construire des refuges grâce au savoir-faire.
Cependant, Héra, la vengeresse, était mécontente de ces nouveaux concurrents à la suprématie de la Terre. Par un sortilège secret, elle força les monstres à attaquer le trop malin humain afin de le détruire définitivement. Cette initiative déplut fortement à Héphaïstos qui, armé de ses marteaux d'or et épaulé par les Cyclopes, contra cet assaut perfide, mettant à mal les desseins d'Héra. Cette dernière, sentant que les dieux ne la soutenaient pas, renonça à éliminer la nouvelle race humaine et porta sa colère sur les monstres qui furent éloignés des lieux de vie des hommes.
Finalement, par cette démonstration inattendue, les hommes furent reconnus comme étant dignes de régner sur la Terre, armés du savoir-faire qui leur avait permis de survivre, bien que difficilement.


Unique

La vengeance de la belle Aphrodite

AphroditeMarsSouffle-moi, O Muse, les mots justes. Raconte-moi l'étonnante histoire de l'unique Aphrodite qui voulut se venger de son mari. Héphaïstos avait trouvé son épouse avec Arès et avait attiré la honte sur eux, en les piégeant. Vint un jour où l'unique Aphrodite voulut se laver de cet affront. Voici comment elle fit...

Alors que l'aube pointait, la sublime Aphrodite pensait. Sa tête débordait de pensées folles, aussi dit-elle tout haut : « Héphaïstos m'a prise au piège devant tous les dieux. Je suis la risée des Olympiens, je dois me venger : c'est tout ce que ce laideron mérite ! » Tandis qu'elle parlait, une idée lui vint et elle se dirigea vers les forges de son mari.
Entrant dans l'antre du dieu forgeron, elle s'avança vers l'atelier de son époux, sa vengeance tapie dans son esprit. Les Cyclopes arrêtaient leurs ouvrages au fur et à mesure qu'ils l'apercevaient. L'unique Aphrodite, en effet, resplendissait car les flammes des âtres mettaient en valeur ses formes avantageuses, sa peau satinée, ses longs cheveux blonds et ses lèvres épaisses. Enfin, elle arriva auprès de son mari. Ce dernier leva les yeux et les Cyclopes reprirent un à un leurs ouvrages, emplissant de bruits clairs le volcan.
-Cher mari, commença-t-elle langoureusement, ne voudrais-tu pas montrer que tu es le meilleur des Dieux ? Qu'en dépit de ta laideur, tu ne vaux pas moins qu'eux qui se moquent de toi ?
-Et que ferai-je ? énonça-t-il laconiquement. Ils ne m'écoutent pas quand je parle, se moquent de moi quand je parais au conseil et me maudissent quand je suis dans mes forges.
-Montre-leur ce que tu sais faire de mieux : tu n'as qu'à construire un automate ! Ce matin, je m'ennuyais beaucoup toute seule et j'ai pensé qu'un compagnon ne serait pas de trop... Que dirais-tu de me construire un chien qui n'obéirait qu'à moi ? Que je puisse l'emmener où je veux bien et qu'il me protège.
chienSur ces paroles elle partit. Mais le doute était semé dans l'esprit du dieu boiteux : son orgueil voulait montrer aux autres dieux de quoi ses mains étaient capables et son esprit ne put résister à cette tentation. Il travailla trois jours et trois nuits et enfin, le chien fut prêt. Il sortit des forges et déploya le chien mécanique semblable en tous points à ses pairs de chair. Aussitôt, le canidé se dressa sur ses pattes, aboya et le jappement retentit dans tout l'Olympe. Puis, le fougueux animal, traversa les demeures de chaque dieu en coursant les oiseaux. Ainsi chacun put voir l'œuvre d'Héphaïstos. Finalement, le chien au pelage noir traversa le palais de l'unique Aphrodite. Elle reconnut immédiatement le travail ambitieux de son mari. Au loin, elle entendait les tintements des masses battant le fer et pouvait imaginer l'airain projeté des étincelles lorsqu'il touchait l'enclume. Brisant sa rêverie, un son plus fort s'ajoutait aux autres, c'était son époux qui reprenait ses travaux.
Après qu'Aphrodite eut dressé le chien, il fut capable de faire entendre ses jappements dans tout l'Olympe lorsqu'elle le lui demandait. L'unique Aphrodite, cette tâche accomplie, rejoignit son amant dans une crique, sur la terre, parmi les hommes. Elle ordonna au chien d'aboyer s'il reconnaissait l'odeur d'autres dieux.
Ainsi, grâce au chien, elle passa de nombreuses nuits sereines auprès d'Arès; partageant de longs moments intimes sans jamais être surpris ni dérangés que ce soit par les hommes ou par les dieux.

C'est par ce chien qu'elle se vengea adroitement de son mari. Utilisant ainsi son art pour se prémunir d'autres outrages, car le dieu des forges bien qu'il se fût fourvoyé tout d'abord, compris bientôt pourquoi sa femme si joyeuse à présent, lui avait demandé de construire un fidèle compagnon...aphrodite et mars


Vis-à-vis

dessin culture antique1

∞ LA CREATION DES " HOMMES " ∞

Au commencement étaient les Dieux. Ceux-ci vivaient au-delà des montagnes, dans un monde où tout était à porter de mains. Au bout de quelques années de vie paisibles, ils commencèrent à s’ennuyer et décidèrent de créer des êtres qui leur ressembleraient mais à la différence de Zeus, d’Apollon, d’Athéna et de tous les autres, ils seraient mortels.

Ils se lancèrent dans des jours et des jours de création. Deux semaines passées, les premiers " Hommes " apparurent. Et vis-à-vis de leurs créations, les Dieux maintenaient une attention permanente.

Or; ces êtres d’élite, particulièrement fiers de leurs créations, se mirent à déchainer les éléments. Poséidon, l’ébranleur du sol, déchainait les mers; la colère de Zeus formait des tempêtes; Hadès faisait mourir ces êtres inferieurs pour les torturer dans l’au-delà. Les Hommes étaient désarmés face à leurs géniteurs. Les Immortels savaient qu’il fallait mettre les Hommes à l’épreuve : seuls les survivants seraient dignes de vivre sur Terre, en vis-à-vis permanent des Dieux.

De leurs côté, les Hommes savaient que leurs créateurs avaient de grandes attentes vis-à-vis d’eux. Ils commençaient à améliorer leurs conditions de vie et la grande Athènes naquit. C’est alors qu’Athéna et Poséidon se mirent à se battre pour savoir qui serait le dieu poliade de la cité : Athéna sortit vainqueur.

Pour punir les Hommes, Poséidon déchaina les océans avec l’aide des autres dieux. Ils ne se lassèrent jamais de leurs jouets et ne s’ennuyaient désormais plus. Ayant depuis l'Olympe un vis-à-vis permanent sur le monde des Hommes, cela leur permettaient d’en garder le contrôle.

La création des Hommes engendra très souvent le chaos…dessin culture antique


Voilà

 

Voilà, ou le mythe de Chéphisia la généreuse

Dans la forêt de Tyr, lieu de chasse de Diane, le Céphise avait donné naissance à bon nombre d’enfants dont Chéphisia la Généreuse, jeune nymphe, chasseresse de Diane. Celle-ci, lors d’une chasse avec ses congénères, camouflée derrière un buisson, chuchota à une de ses complices quelle avait repéré un jeune cerf quelques pieds plus loin. Elle utilisa pour cela une expression concise et directe qu’elle et ses semblables décidèrent de garder par la suite pour sa praticité et sa consonance agréable : «voilà». Seules les chasseresses étaient autorisées à prononcer cette expression, car Diane en avait décidé ainsi.

Phoebus, qui passait par là pour rendre visite à sa sœur, Diane, entendit la voix mélodieuse de Chéphisia la Généreuse qui prononçait pour la première fois la nouvelle expression et partit à sa recherche. Quand enfin il la vit, il ne put résister aux charmes de la jeune fille et en tomba fou amoureux. Elle résista à ses avances durant de nombreux mois, mais finit par céder. De leur union naquit un petit garçon nommé Actéon. Il était adorable et très beau car c’était le portrait craché de ses deux parents. Mais il y avait une ombre à ce tableau : d’après le décret de la déesse Diane, les chasseresses se devaient de rester vierge toute leur vie. C’est pourquoi Chéphisia la Généreuse et son fils vécurent cachés pendant plusieurs années pour ne pas être châtiés par la déesse. Cette mascarade dura environ cinq ans.

Mais voilà que Le jour des cinq ans d’Actéon, sa mère décida de l’emmener dans une forêt, pour l’initier aux plaisirs de la chasse. Très heureux, l’enfant montra tout de suite un talent inouï : avec un arc et des flèches, il pouvait atteindre n’importe quel animal. Il les tuait sans douleur, d’une flèche dans l’œil, et ne ratait jamais sa cible. Chéphisia la Généreuse décida donc de lui apprendre le signal « voilà ». Mais ce qu’ils n’avaient pas entendu, ou plutôt vu, c’était une autre nymphe, perfide, cachée derrière un arbre. Elle s’empressa d’aller tout raconter à Diane, qui, folle de rage que son frère se soit uni avec une de ses chasseresses et qu’en plus ils aient eu un enfant, promit de châtier sa femme et son fils. Elle les bannit donc de ses terres, et ils errèrent de royaume en royaume, sans trouver refuge, et finirent par mourir de faim et de froid.

Phoebus, pour honorer son amante et son fils, décida que toutes les générations suivantes utiliseraient le mot « voilà » comme apostrophe, afin qu’on ne les oublie pas. C’est ainsi que ce mot est parvenu jusqu’à nous.