Dis-moi dix mots

Voilà

 

Voilà, ou le mythe de Chéphisia la généreuse

Dans la forêt de Tyr, lieu de chasse de Diane, le Céphise avait donné naissance à bon nombre d’enfants dont Chéphisia la Généreuse, jeune nymphe, chasseresse de Diane. Celle-ci, lors d’une chasse avec ses congénères, camouflée derrière un buisson, chuchota à une de ses complices quelle avait repéré un jeune cerf quelques pieds plus loin. Elle utilisa pour cela une expression concise et directe qu’elle et ses semblables décidèrent de garder par la suite pour sa praticité et sa consonance agréable : «voilà». Seules les chasseresses étaient autorisées à prononcer cette expression, car Diane en avait décidé ainsi.

Phoebus, qui passait par là pour rendre visite à sa sœur, Diane, entendit la voix mélodieuse de Chéphisia la Généreuse qui prononçait pour la première fois la nouvelle expression et partit à sa recherche. Quand enfin il la vit, il ne put résister aux charmes de la jeune fille et en tomba fou amoureux. Elle résista à ses avances durant de nombreux mois, mais finit par céder. De leur union naquit un petit garçon nommé Actéon. Il était adorable et très beau car c’était le portrait craché de ses deux parents. Mais il y avait une ombre à ce tableau : d’après le décret de la déesse Diane, les chasseresses se devaient de rester vierge toute leur vie. C’est pourquoi Chéphisia la Généreuse et son fils vécurent cachés pendant plusieurs années pour ne pas être châtiés par la déesse. Cette mascarade dura environ cinq ans.

Mais voilà que Le jour des cinq ans d’Actéon, sa mère décida de l’emmener dans une forêt, pour l’initier aux plaisirs de la chasse. Très heureux, l’enfant montra tout de suite un talent inouï : avec un arc et des flèches, il pouvait atteindre n’importe quel animal. Il les tuait sans douleur, d’une flèche dans l’œil, et ne ratait jamais sa cible. Chéphisia la Généreuse décida donc de lui apprendre le signal « voilà ». Mais ce qu’ils n’avaient pas entendu, ou plutôt vu, c’était une autre nymphe, perfide, cachée derrière un arbre. Elle s’empressa d’aller tout raconter à Diane, qui, folle de rage que son frère se soit uni avec une de ses chasseresses et qu’en plus ils aient eu un enfant, promit de châtier sa femme et son fils. Elle les bannit donc de ses terres, et ils errèrent de royaume en royaume, sans trouver refuge, et finirent par mourir de faim et de froid.

Phoebus, pour honorer son amante et son fils, décida que toutes les générations suivantes utiliseraient le mot « voilà » comme apostrophe, afin qu’on ne les oublie pas. C’est ainsi que ce mot est parvenu jusqu’à nous.

  • DELMAS Julie
  • ROUSSEAU Marine
  • SIAU Caroline
  • SALMON Noémie