Dis-moi dix mots

Atelier

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La naissance de Πετρος,

La création de l'Atelier.

     Vivait en Grèce, aux alentours d'Athènes, une jeune princesse, dans un palais somptueux, où coulait à flots le vin. Cyra, aux mains agiles, vivait dans ce luxe et on racontait dans tous les coins de la Grèce sa beauté légendaire. Elle n'était pas grande et avait un visage fin, entouré par de fines bouclettes blondes qui lui glissaient dans tout le dos. Un soir de fête, où on avait bu et mangé, Cyra alla s'étendre dans sa chambre, profitant d'un léger zéphyr qui lui rapportait de la fraîcheur. Les bruits du festin cessèrent rapidement et la princesse ne tarda pas à se coucher. Cependant, Zeus, lové sur un nuage, quitta les cieux, poussé par sa curiosité récurrente et vint se poser sur le balcon de Cyra, qui dès le lendemain portait en elle un enfant qui était voué à une vie héroïque, à des combats grandioses. Cyra passa toute la journée à caresser son ventre doucement, en repensant à sa nuit passée aux bras du Dieu ouranien qui s'était changé en un guerrier fort agréable. Poussée par une jalousie habituelle, Héra, elle-aussi perchée sur l'Olympe atterrit dans la chambre de la jeune princesse aux mains agiles. Fatiguée par les multiples adultères de son mari, la déesse décida de verser au fond du verre de Cyra un poison aigu, destiné à détruire l'enfant que la princesse accueillait en elle. Héra quitta la demeure de la princesse, comme elle l'avait rejointe. Elle laissa le verre de cristal bien en évidence pour que la princesse n'hésitât pas à le boire. Le soir, après un énième banquet, Cyra rentra, à son habitude, dans sa chambre et, désaltérée, elle avala d'une gorgée le contenu du verre ; l'enfant n'était déjà plus.
Dès le lendemain, la princesse se plaignit auprès de sa servante car déjà elle ressentait des maux de ventre.
« Domna, Domna, très chère Domna, cria-t-elle dans tous le palais.
- Oui, maîtresse ? répondit Domna, paniquée.
- Je pense avoir perdu l'enfant, ma très chère Domna...
- Perdu l'enfant ? Mais pourrait bien en être la cause ? demanda-t-elle.
- J'ai peur d'avoir eu affaire à la vengeance d'une femme rongée par la jalousie, lança-t-elle alors que son regard se posait sur le ciel qui devenait noir. »
     En haut de l'Olympe, perchée sur son nuage, Héra se riait bien de cette jeune prétentieuse. Domna expliqua alors à la princesse qu'il fallait qu'elle se dépêchât de consulter l'Oracle, à Delphes, car il lui prodiguerait quelques soins et lui serait d'un usage fort précieux ; la princesse quitta le palais pour Delphes dans la nuit. Elle fut accueillie quelques jours plus tard avec tous les honneurs qu'on aurait pu donner à une reine et consulta l'Oracle dans la journée. Il lui apprit qu'elle devait se reposer et il ajouta que si, curieuse, elle voulait continuer dans la quête de la maternité, son enfant naîtrait non point d'une union traditionnelle mais devrait être conçue avec de la terre, car seule une parcelle de corps de la déesse-mère Gaïa pouvait lui donner les joies d'être enfin mère et qu'elle serait la fondatrice du lieu où l'on crée tous les objets avec son cœur, ce que l'Oracle appela « Atelier ».
L'Oracle rajouta qu'elle recevrait même l'aide du Dieu boiteux, porteur de la flamme de la vie.
     Cyra quitta donc Delphes. Elle profita d'un moment de pause pour rejoindre un bois où elle s'assit et s'assoupit. Quand elle se réveilla un homme, aux apparences négligées, était debout devant elle.
« Je suis celui qui doit t'aider ; ne t'inquiète pas pour Héra, ma mère, elle ne te fera rien.
- Qui êtes-vous ?
- D'après l'Oracle « le porteur de la flamme de la vie » ; ou encore, Héphaïstos, le dieu des forges ».
Cyra et le Dieu discutèrent et il lui expliqua à quel point il pouvait se montrer compétent. Ils avaient réussi à raser quelques arbustes et réunir un tas de bois au centre que le Dieu allait assembler dans la nuit. Le tout avait été bien nettoyé pour aboutir à une surface plane et propre, capable d'accueillir ce qui deviendrait l'Atelier et qui serait créé par la princesse aux mains agiles. Le lendemain, ils finirent les constructions et un cabanon prit rapidement forme. Le Dieu alla donc ramasser un bout de terre qu'il offrit à Cyra en lui garantissant qu'il portait la flamme de la vie. Elle passa deux jours et deux nuits à façonner son enfant, changeant les formes de ses yeux, sa bouche et quand elle eût terminé elle laissa reposer la terre dans l'Atelier ; le lendemain, la terre avait pris vie, ses traits s'étaient affirmés et elle décida d'appeler son enfant Petros, le talentueux, qui était promis à un avenir manuel, recréant autour de la Grèce d'autres Ateliers. L'Atelier était né.
     Cyra, venait de donner naissance à l'Atelier et ne se doutait pas qu'au fil des âges son usage se perfectionnerait mais gardant toujours sa définition initiale :
« Lieu où sont fabriquées les choses qui nous tiennent à cœur ».

  • Cécilia Outenah
  • Lucie Denaux
  • Alexia Mounkassa
  • Pierre-Louis Sanchez